Le sauvage sous nos pieds

Il pousse cinquante espèces entre les pavés du centre-ville. Le groupe fabrique ses presses à fleurs, herborise le long des trottoirs avec un botaniste, monte un herbier encadré et grave une signalétique posée au pied des plantes : « ici pousse la chélidoine ». La ville se met enfin à regarder ce qu’elle piétine — et, ce faisant, elle regarde aussi ceux qu’elle ne voyait plus.

Repères — Originalité ★★★★☆ · Accessibilité ★★★★★ · Polyvalence FabLab ★★☆☆☆ · Impact social ★★★★☆ · Ancrage territorial ★★★★☆ · Coût matière ★★★★★

Objectifs

  • Réussir le projet le plus simple techniquement du catalogue — deux planches et quatre boulons font une presse — mais une chaîne complète : collecter, identifier, conserver, exposer, guider.
  • Réhabiliter le regard : il n’y a pas de « mauvaises herbes », il y a des pionnières — la métaphore n’échappe à personne.
  • Découvrir les métiers des espaces verts et du paysage, qui recrutent partout et forment vite.
  • Cultiver l’attention et la patience : identifier une plante demande de ralentir, presser une fleur demande d’attendre.

Ce que l’on fabrique

  • Une presse à fleurs par participant : deux planches gravées à son nom, quatre boulons papillon — chacun repart avec la sienne.
  • Les cadres vitrés de l’herbier collectif et ses cartels botaniques gravés (nom, lieu de collecte, date, collecteur).
  • La signalétique de trottoir : petites plaques ou marquages éphémères au pochoir (peinture temporaire homologuée), posés avec les espaces verts.
  • Le carnet de terrain relié du groupe (couverture gravée) et le trophée « Pétale d’Or ».

Partenaires à mobiliser

  • Le service des espaces verts de la ville : accord pour les marquages, savoir de terrain, pitchs métiers.
  • Un botaniste amateur ou une société naturaliste locale : l’identification et la balade inaugurale.
  • La médiathèque : accueil de l’exposition finale et des balades restituées.
  • Une école du quartier : première visite guidée de l’herbier et relais des balades.

Métiers à faire découvrir

Jardinier des espaces verts, ouvrier paysagiste, agent d’entretien du paysage, mais aussi fleuriste et animateur nature : des métiers en recrutement constant, accessibles par des formations courtes.

Le temps fort

La balade inversée du dernier jour : ceux qu’on guidait guident. Devant chaque plaque, un participant présente « sa » plante, herbier à l’appui, à un public d’habitants qui découvrent leur propre rue. Et chacun rentre chez soi avec sa presse gravée à son nom — l’outil continue la pratique bien après les dix jours.

En pratique

  • Budget matière indicatif : 320 à 400 €.
  • Saison idéale : du printemps à la fin de l’été, quand la flore des trottoirs est en pleine croissance.

Points de vigilance

  • Cueillette raisonnée : jamais tout un pied, jamais d’espèce protégée, jamais dans les zones traitées — le botaniste fixe les règles au premier jour.
  • Aucune allégation d’usage comestible ou médicinal : on identifie, on n’incite pas à consommer ; accord écrit de la mairie pour toute signalétique ou marquage au sol.
  • Le séchage prend dix à quinze jours : tout ce qui doit figurer dans l’herbier entre sous presse avant J3.